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Dali au Centre Pompidou

Design et Tendances
  • 27 février 2013

Jusqu’au 25 mars 2013, le Centre Pompidou à Paris rend hommage au personnage le plus épique et engagé du XXème siècle, Salvador Dali, dont l’oeuvre prolifique, à la fois controversée et populaire, compte parmi les plus importantes du mouvement surréaliste.

La peinture et Dali, ses tableaux

Salvador Dali by Depoi
Portrait de Salvador Dali par DePoi

Né en 1904 dans le nord de l’Espagne, il fut d’abord intéressé par l’Impressionnisme puis s’est beaucoup attaché à la recherche sur les couleurs. A 14 ans, il publie pour la première fois ses tableaux dans une exposition locale à Figueres. En 1922 il entre à l’Ecole de Beaux Arts de Madrid, mais loin d’être un élève studieux et appliqué, il sera expulsé avant d’avoir pu obtenir son diplôme. En cette période des années 30, il peint les tableaux qui ont commencé à faire sa renommée, comme La persistance de la mémoire, plus communément appelé Les Montres Molles.

Persistance de la Memoire
La persistance de la mémoire – Salvador Dali – 1931

La mode et Dali

Les années 30 furent aussi celle de sa collaboration avec la créatrice de mode italienne, Elsa Schiaparelli (1890-1973). Connue comme une femme “pleine de fantaisie”, elle a introduit dans  les codes vestimentaires de l’époque le sens du détournement de fonction, comme avec ces chapeaux en forme de chaussures. En 1936, Salvador Dali participa entre autres à la création du fameux Chapeau Soulier, dont voici quelques croquis.

Schiaparelli
Sa collaboration avec Elsa Schiaparelli est le symbole d’une véritable alliance entre le monde artistique et la mode. Il crée en effet la Robe Squelette, La Robe Homard, et La Robe Larmes, illustrées de gauche à droite dans les photos ci-dessous.

Créations de Dali et Elsa Schiaparelli

Gala Dali, sa femme

Son voyage à Paris lors du tournage du film de Bunuel, Un chien Andalou, pour lequel Dali avait participé au scénario, fut un grand virage dans sa vie puisqu’il fut introduit dans le groupe des surréalistes et rencontra l’été 1929 celle qui deviendra son épouse et sa muse, Helena Diakonova, dit Gala. Leur amour passionné fut une source inépuisable de création pour l’artiste.

Dali et Gala
Un livre a d’ailleurs été récemment publié par Laétitia Cénac au sujet de Gala, vue comme “L’Egérie de l’Art Moderne” (éd. La Martinière)

Gale Editions de la Martinière

L’Alphabet de l’Amour

Preuve de cette connexion rare mais durable entre Dali et Gala, l’invention de l’Alphabet de l’Amour, par Dali lui-même, à partir de 8 pictogrammes mystérieux, les Daligramas, dessinés à l’encre de chine et à la poudre d’or sur du vélin à partir de leurs initiales où le G de Gala se mêle au S de Salvador, ou de Serpent et Serment. Cet alphabet énigmatique n’est pas resté dans les archives de l’art puisque la maison de luxe Lancel lui a dédié en 1970 un sac où les symboles sont repris sur le cuir. Autre singularité de ce sac : la anse représente une chaîne de vélo, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous.

Sac Daligramme
En 2011, Lancel réédite une collection entière de 26 sacs en toile Jacquard brodés des 8 lettres de leurs prénoms, appelée la “Daligramme Collection” dont voici un extrait ci-dessous.

Sacs Lancel Daligramme
Et je ne résiste pas à l’envie de vous montrer cet accessoire du paroxysme du romantisme : un range lettres d’amour, classées par ordre alphabétique s’il vous plaît, et le plus charmant : la pochette plastique pour y glisser la photo de l’heureux élu ! La classe.

Range lettres d
Range-lettres d’amour DaliForTwo – toile Daligramme – Lancel

Dali menait très bien l’art de la communication auprès des médias et ne manquait jamais une occasion de faire parler de lui. Bien que ses contemporains, notamment le poète et écrivain français André Breton (1896-1966), souhaitaient que Dali abandonne ses “clowneries” et son goût pour l’argent – qui lui ont coûté d’être exclu du groupe des surréalistes dans les années 40 –  l’exposition au Centre Pompidou de plus de deux cent peintures,  sculptures et dessins, extraits d’émissions, photographies et films met en évidence comment justement cette personnalité fantaisiste, son humour et son sens de l’analyse lui ont permis de développer la méthode “paranoïaque-critique” basée sur le délire d’interprétation, permettant d’accéder au subconscient pour libérer les énergies créatrices, et qui a fait accédé ses tableaux à la scène internationale.

Dali Le Jeu Lugubre
Le jeu lugubre – Dali

Salvador Dali et les bijoux

Pour la femme, il a crée des bijoux comme Les Lèvres de Rubis (1950) inspirées du sofa Mae West et l’Oeil du Temps (1949) inspirés de son Tableau La Persistance de la Mémoire évoqué plus haut, photographiés ici sur un visage de femme.

Dali Lèvres de Rubis

 

Dali et le spectacle

Dans sa création frénétique, Dali, souvent appelé “l’homme-spectacle” s’est avéré un des initiateurs du “happening” en réalisant des oeuvres éphémères, pas toujours comprises par le public de l’époque d’ailleurs parce qu’elles semblaient des provocations, mais véhiculaient toujours en fait un message mûrement réfléchi et intemporel. Dans les années 50 et 60, il vit son art au quotidien et tout est sujet à créer. En tant que “arteur“, il est rejoint par d’autres artistes pour participer aux oeuvres éphémères qu’il met sans cesse en place. Ainsi, il devient l’initiateur de l’art de la performance.
Pour conclure, et parce que la maison de tout un chacun s’avère un fidèle reflet de sa personnalité, je vous livre les photos extérieures de sa maison à Figueres, sa ville natale espagnole…Surréaliste bien sûr !

Maison de Dali a Figueres

Informations techniques
Centre Pompidou – Galerie 1 – Paris
Horaires de 11h à 23h – fermé le mardi.
Entrée 13 €, tarif réduit 10 € et selon les périodes 11€, tarif réduit 9€.
Pour connaître la vie et l’oeuvre d’autres artistes qui nous ont laissé en héritage des oeuvres majeures, lisez par exemple notre article sur Robert Doisneau.

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