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Le phare de Pointe-au-Père à Rimouski et le naufrage de l’Empress of Ireland

Architecture
  • 4 juillet 2014

Le phare de Pointe-au-Père au Québec (Canada), a une histoire singulière. Créé en 1909 dans le but de rendre plus sûres les côtes de la ville de Rimouski, le phare fait partie du dispositif total de la station d’aide à la navigation de Pointe-au-Père qui fut fabriqué de 1859 à 1975 sur l’estuaire du fleuve Saint-Laurent.

pointe au pere rimouski
©Michel Villeneuve

L’Empress of Ireland

Ce complexe abrite aujourd’hui un musée dédié au plus gros naufrage de l’histoire du Canada : celui de l’Empress of Ireland un paquebot transatlantique qui le 29 mai 1914 a fait naufrage dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent, près de Rimouski avec un bilan de 1012 victimes parmi les 1477 personnes embarquées.
C’est seulement en juillet 1964 que l’épave de l’Empress of Ireland est finalement localisée suite à un article paru dans le magazine Perspectives de la Presse publié à l’occasion du cinquantième anniversaire du naufrage, qui attire l’attention d’un groupe de plongeurs canadiens qui se sont rendu à Rimouski dans le but de le retrouver.
Compte tenu de la relative facilité d’accès à l’épave (il gît à 42 mètres de profondeur), un grand nombre de plongées s’effectuent sur cette dernière après sa redécouverte en 1964. Dans les trente années qui suivirent, des milliers d’artefacts sont prélevés du paquebot de façon incontrôlée, et font augmenter la necessité de penser à la préservation de ce bien culturel.
En 2000, le pavillon Empress of Ireland est inauguré sur le Site historique maritime de la Pointe-au-Père, dont le phare est le principal batiment. On y présente la collection d’artefacts appartenant au musée et prélevés sur l’épave du navire avant qu’il ne soit classé en 1999, ainsi qu’un film qui raconte les ultimes instants du bateau dans la nuit du naufrage. De plus le musée présente un projet lié à la commémoration du 100ème anniversaire du naufrage de l’Empress of Ireland qui se célèbre juste cette année.

pointe au père phare
©Crédit photo : Serge Guay

L’architecture du phare de Pointe-au-Père

Du point de vue architectural, la forme octogonale à huits contreforts à arcs-boutants du phare de Pointe-au-Père est dûe à Henri de Miffonis, un ingénieur civil, né en France en 1882 et mort au Canada en 1955, spécialisé dans la construction de phares et fervent promoteur du béton armé dans leur construction.
C’est en effet le béton armé le principal matériau qui est utilisé dans le bâtiment, même si en 1909 ces techniques de construction n’en étaient encore qu’à un stade expérimental très précoce; sa première utilisation pour les phares avait eu lieu seulement trois ans plus tôt.

rimouski empress
©Dennis Jarvis

Le Site historique maritime de la Pointe-au-Père

Le phare a été désigné lieu historique national du Canada en 1974 à cause de son rôle historique et obtient une autre reconnaissance officielle le 20 septembre 1990 lorsqu’il est classé édifice fédéral du patrimoine.
À partir de 1977, Parcs Canada devient propriétaire du lieu historique et, en 1980, fait effectuer des rénovations majeures au phare pour en consolider la structure. En 1982, Parcs Canada signe une entente avec le Musée de la mer, un organisme culturel rimouskois, et c’est à ce moment que le phare devient un centre d’interprétation muséal.
Le premier étage de la vieille maison du gardien à coté est dédié à l’histoire de l’Empress of Ireland, alors que dans le phare prend place une exposition permanente qui illustre la vie quotidienne du gardien. Les visiteurs peuvent également grimper au sommet des 33 mètres de haut du phare pour profiter d’une vue époustouflante à 360° sur l’Océan Atlantique.

rimouski pointe au pere
©G.Bouchard Alcide55

Cette présentation de phares, vient compléter notre article sur le Farol Museu de Santa Marta, et si vous aimez les phares, nous vous réservons encore quelques surprises pour cet été !

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